Béatification le jour de l’Immaculée Conception

8 décembre 2018

Le mot du Père

Je crois que nombreux d’entre nous ont vu le film publié il y a quelques années sur les moines de Tibhirine. Les images nous ont fort touchés, même si ce n’était qu’une tentative de la reconstruction de leur histoire.
C’est une bonne nouvelle que le jour de l’Immaculée Conception on a prévu la béatification de l’ancien évêque d’Oran Mgr Pierre Claverie et de 18 religieux et religieuses, dont les sept moines de Tibhirine. Tous ont été tués en haine de la foi entre 1994 et 1996.
A cette occasion les évêques d’Algérie ont publié un communiqué : « La grâce nous est donnée de pouvoir faire mémoire de nos 19 frères et sœurs en qualité de martyrs, c’est-à-dire, selon le sens du mot lui-même, de témoins du plus grand amour, celui de donner sa vie pour ceux qu’on aime. Devant le danger d’une mort qui était omniprésent dans le pays, ils ont fait le choix, au risque de leur vie, de vivre jusqu’au bout les liens de fraternité et d’amitié qu’ils avaient tissés avec leurs frères et sœurs algériens par amour. Les liens de fraternité et d’amitié ont ainsi été plus forts que la peur de la mort ».
Par l’intercession des Martyrs d’Algérie prions que le Seigneur nous accorde la grâce de la paix.

P. W.U.

Extrait du "Testament de Christian" moine de Tibhirine
" S’il m’arrivait un jour - et ça pourrait être aujourd’hui – d’être victime du terrorisme qui semble vouloir englober maintenant tous les étrangers vivant en Algérie, j’aimerais que ma communauté, mon Église, ma famille, se souviennent que ma vie était donnée à Dieu et à ce pays.
Qu’ils acceptent que le Maître unique de toute vie ne saurait être étranger à ce départ brutal. Qu’ils prient pour moi : comment serais-je trouvé digne d’une telle offrande ? Qu’ils sachent associer cette mort à tant d’autres aussi violentes laissées dans l’indifférence de l’anonymat.

Ma vie n’a pas plus de prix qu’une autre. Elle n’en pas moins non plus. En tout cas, elle n’a pas l’innocence de l’enfance. J’ai suffisamment vécu pour me savoir complice du mal qui semble, hélas, prévaloir dans le monde, et même de celui-là qui me frapperait aveuglément.
J’aimerais, le moment venu, avoir ce laps de lucidité qui me permettrait de solliciter le pardon de Dieu et celui de mes frères en humanité, en même temps que de pardonner de tout cœur à celui qui m’aurait atteint.